À moins de connaître et apprécier le style Charlopin, beaucoup de consommateurs à la SAQ passeront devant cette bouteille sans broncher tant elle est fade, sans personnalité, rebutante. On croirait une bouteille de vin concocté par un beau-frère dans son sous-sol, et qui aurait conçu lui même ses étiquettes.
Mais c’est peut-être justement pour ne pas détourner l’attention de ce qui compte vraiment quand on achète un vin qu’on pêche par excès de sobriété chez Charlopin, c'est-à-dire le contenu, le nectar qui est le fruit du dur labeur d’un vigneron et ses employés pendant plus d’une année, du débourrage de la vigne au printemps jusqu’à la mise en bouteille l’année suivante.
Car ce bourgogne de Charlopin, vigneron à Gevrey-Chambertin, qui gère près de 25 hectares de vignes réparties en presque autant d’appellations éparpillées dans toute cette complexe région viticole, a une forte personnalité.
Déjà le nez est chargé. Petits fruits rouges mûrs, presque compotés. Floral. « Pétale de rose fanée », pour reprendre cette juste observation du collègue du blogue du magazine Cellier. De la cardamome aussi.
La bouche est charnue, pour un bourgogne, on s’entend. Dans le style Charlopin, avec une forte extraction du fruit, un très subtil côté boisé, des épices, des tanins bien appuyés, mais élégants tout de même. Une très longue finale tout en fraîcheur.
Un bourgogne distingué, gourmand et doté d’une solide carrure, résultat du travail du vigneron, mais aussi d’un millésime des plus généreux. Il vaut pleinement son prix.
Accord mets vins : À déguster seul pour le plaisir, ou avec des mijotés automnal bien de chez nous!
Cuvée Prestige, Bourgogne 2009
Domaine Philippe Charlopin-Parizot
750 ml – 29,80 $